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Les bonnes nouvelles d’Agnès Ledig 
Marie-Françoise GIHOUSSE - L'Avenir

 

 

Agnès Ledig rappelle qu’il «ne faut jamais oublier que nous avons besoin de la nature». 
Il n’a fallu que quelques années pour faire d’Agnès Ledig, sage-femme dans une autre vie, un des écrivains préférés des lecteurs francophones. À son rythme désormais – un roman chaque printemps – elle revient avec De tes nouvelles. 
Retour de Valentine
«Ce n’est pas un rythme que je m’impose, nous explique-t-elle, de passage à Bruxelles, mais il me convient et quand les idées sont là, il faut les attraper, sinon elles risquent bien de disparaître.»De tes nouvelles n’est pourtant pas un roman comme les autres puisqu’il s’agit de la suite du précédent, On regrettera plus tard. «Au départ, ce n’était pas du tout prévu, continue-t-elle, j’avais mis le point final et j’étais partie dans une tout autre direction. Mais les personnages étaient là… J’ai demandé à mon éditeur s’il verrait une suite d’un bon œil. Il a tout de suite été partant. Et je ne renonce pas à l’idée d’un troisième volet mais pas tout de suite.»
On retrouve donc dans De tes nouvelles, Valentine l’institutrice et son ami Gaël, Gustave le «presque» grand-père mais aussi Éric et sa fille Anna-Nina qui avaient frappé un soir d’orage à la porte de Valentine. De retour à la ferme, Éric et Anna-Nina vont prendre une nouvelle place dans la vie de Valentine. Ensemble, ils vont reconstituer une famille dont on suit les péripéties, les joies, les peines, les angoisses et les incertitudes au fil des mois. D’autres personnages viendront également s’infiltrer dans ce nouvel équilibre, tel Yann le bûcheron et son fils, au risque de tout détruire…
«Je pense réellement qu’on peut construire de belles choses avec des amis. Les amis de mes amis ne sont-ils pas mes amis? J’ai sans doute un peu idéalisé ce modèle familial mais ça peut arriver. Et puis, il n’y a pas que du bonheur et des Bisounours dans ce roman. Il y a aussi de la souffrance parfois, la maladie, le doute.»
Enfance et circuits courts
Comme toujours dans les romans d’Agnès Ledig, l’enfance a sa pleine place dans l’histoire. «Je voulais cette fois aborder l’impact émotionnel de la petite enfance. À travers le personnage de Valentine, une femme positive mais avec ses failles, sa peur de s’engager. Elle fait des choix. Attirée presque «chimiquement» par Yann, elle fait le choix préalable d’Éric. Mais en même temps, elle refuse de culpabiliser. Cette attirance, ça fait partie de la vie, ce n’est pas grave.»
L’autre constante d’Agnès Ledig, c’est la nature, omniprésente dans ce roman où la campagne et les arbres sont indispensables à l’histoire. «J’habite moi-même dans un petit village, en dix minutes, je suis au milieu de la campagne. J’ai un jardin, un potager. Bon, je ne vais pas jusqu’à remplir ma cave de conserves maison comme Valentine et Gustave (rires). Mais je crois aux bienfaits du retour à la nature, aux circuits courts dans l’alimentation. Nous ne devons jamais oublier que nous avons besoin de la nature mais qu’elle n’a pas besoin de nous! Mon prochain roman sera encore plus enraciné dans la nature et la forêt.»
Enfin, Agnès Ledig évoque aussi à travers les personnages de Gustave et de la petite Anna-Nina, l’importance des liens intergénérationnels mais aussi les questions de la vieillesse et de la mort. Gustave dont le corps peine à suivre l’ardeur intacte des rêves d’enfance. Mais aussi ce secret qu’il partage avec la petite, la possibilité de voir des morts qu’on a aimés. «J’ai été très frappée par Le test de Stéphane Allix. J’avais envie qu’un de mes personnages soit un médium comme ceux qu’Allix décrit. Mais je ne dis pas au lecteur qu’il doit y croire. Personnellement, j’ai du mal à croire que tout s’arrête après la mort. Mais on ne saura probablement jamais si oui ou non la vie continue autrement. Et cette ignorance, ce n’est pas plus mal.»
Dans la pleine mouvance feel good, De tes nouvelles se veut «roman qui fait du bien» et Agnès Ledig assume. «Quand mes lecteurs me disent, vos romans me font du bien, c’est très encourageant, très valorisant. Nous avons besoin de choses positives face aux angoisses actuelles. J’essaie de mettre de la lumière. On retient plus d’une vie positive.»

 

 

Bénédicte, la petite disparue d’ Armel Job
Marie-Françoise GIHOUSSE - L'Avenir

 

 

Un petit village ardennais est bouleversé par la disparition d’une adolescente. Du pur Armel Job.
Dans une Belgique encore marquée par l’affaire Dutroux, Armel Job évoque dans «En son absence», la disparition d’une adolescente.
Mars 2005. Dans un petit village des Ardennes belges, Bénédicte, 15 ans, disparaît. Elle n’est jamais arrivée à l’école et n’est d’ailleurs pas montée dans le bus qu’elle prend chaque jour. En son absence, le dernier roman d’Armel Job, évoque les réactions d’une petite communauté confrontée à une disparition inexpliquée. «Je n’ai pas eu l’impression d’écrire un polar, nous confie l’écrivain ardennais, du moins pas au sens strict. Mais on peut utiliser la technique du polar pour pousser le lecteur à se plonger plus facilement dans la description des êtres humains. Cependant, contrairement à un «vrai» roman policier, l’enquête, ici, est totalement secondaire.»
Ce qu’examine Armel Job avec sa loupe d’entomologiste, ce sont les gens qui sont confrontés à cette disparition. «Les disparitions d’adolescents sont assez courantes. Le début de mon histoire fait d’ailleurs clairement penser à une affaire récente et dramatique qui s’est déroulée dans la région d’Arlon. Et l’attention des gens est alors très centrée sur le sort du ou de la disparue. Mais il me semble que très souvent on oublie ce qu’il y a derrière. Des gens qui attendent, morts d’angoisse. Des parents qui doivent renouveler leurs relations avec leurs proches, montrer ce qu’ils ont au fond d’eux-mêmes… C’est ça qui m’intéressait plutôt que la disparition et l’enquête qu’elle entraîne.»
Des affaires qui l’ont touché
S’il cite dans son roman l’affaire Dutroux et s’il reconnaît avoir été inspiré par l’histoire de la malheureuse Béatrice Berlaimont, Armel Job n’a guère été plus loin dans ses recherches. «J’évite de me laisser emporter par la documentation. Je n’ai rien lu à ce sujet. J’ai simplement cherché quelques renseignements concernant la procédure judiciaire. J’ai essayé de reconstituer des moments dramatiques par la fiction, dans une démarche d’empathie vis-à-vis de ces affaires qui m’ont touché. Je travaille simplement comme un romancier, pas un journaliste.»
Comme la plupart des romans d’Armel Job, En son absence, se déroule en vase clos. Quelques personnages dans un petit village. Un microcosme où tout peut arriver, où les langues se délient, où le copain d’hier est le suspect de demain. Où le doute pénètre même au sein des couples. Et où les relations familiales sont trompeuses.
«Ce roman, sans dévoiler la fin, c’est aussi la rencontre de deux mondes différents. Celui des adultes, des parents, un monde marqué par toutes les affaires de disparitions et celui des jeunes qui quittent un jour le nid familial. J’évoque beaucoup la filiation, les relations père-fille, je connais, j’en ai trois (rires). Mais les jeunes ne vivent pas cette relation de la même façon. Ils s’en vont. Il y a une rupture entre deux générations.»
Pas vraiment un polar, En son absence réserve quand même un beau lot d’événements, de fausses pistes et de surprises au lecteur. Tout en y associant, à nouveau, le portrait d’une petite communauté dont la tranquillité apparente est bouleversée, cette fois, par une disparition peut-être inquiétante.

 

 

Cyril Massarotto, une lecture qui fait du bien

Michel PAQUOT - L'Avenir

 

L’enfant qu’on a été serait-il fier de l’adulte qu’on est devenu? «Quelqu’un à qui parler» pose la question avec humour et subtilité. 
Né en 1975 à Perpignan, région où il réside toujours, Cyril Massarotto a été instituteur et a fait partie d’un groupe musical, Saint-Louis.
Retourner en arrière. Revenir dans son passé pour en modifier certains éléments afin d’améliorer son présent. Ce fantasme humain totalement irréalisable constitue le ressort de plusieurs œuvres de fiction, comme Camille redouble, le film de Noémie Lvovsky, ou Seras-tu là?, l’un des premiers livres de Guillaume Musso.
Construit sur un principe similaire, Quelqu’un à qui parler, le huitième roman de Cyril Massarotto, est pourtant différent, offrant une autre lecture des rapports entre hier et aujourd’hui.
Samuel, le narrateur, est un homme solitaire. Écrivain frustré – il n’a essuyé que des refus pour ses deux premiers tapuscrits -, il travaille sans véritable enthousiasme dans une société de vêtements pour chiens sous les ordres d’un patron despotique et caractériel. Ses seuls amis sont Marcel et Marceline, un couple de voisins septuagénaires qui l’ont adopté lors de son installation, quinze ans plus tôt.
Le jour de ses trente-cinq ans, ne sachant qui appeler, Armelle, l’amie dont il est séparé depuis huit ans étant mariée, il forme le numéro de sa maison d’enfance. Et l’inimaginable se produit: quelqu’un décroche. Cette voix d’un autre temps, c’est lui à 10 ans. Jour après jour, il va ainsi converser avec l’enfant qu’il fut. Et qui lui reproche de l’avoir trahi, d’avoir un travail «nul».
«Mon seul vrai rêve était de continuer à être heureux»
«L’aspect fantastique doit être un déclencheur sans devenir le cœur du roman qui doit être ancré dans le réel, le quotidien, précise l’auteur. Enfant, je n’avais aucun rêve. Je ne voulais être ni footballeur, ni pompier, ni quoi que ce soit. J’étais heureux avec mes parents, mes copains, je vivais dans le présent sans du tout penser à l’avenir. Mon seul vrai rêve était de continuer à être heureux, à connaître cet état d’insouciance.»
Ce n’est pas le cas de Samuel qui rêvait de devenir joueur de foot professionnel, comme le lui rappelle l’enfant. Mais s’il aimerait corriger certaines choses de son passé, dont une particulièrement douloureuse, ce trentenaire se rend vite compte que c’est impossible. Il lui faut plutôt envisager son présent, et donc son avenir, tant qu’il en est encore temps.
Ses retrouvailles avec celui qu’il a été vont ainsi l’amener à se retrouver, à prendre confiance en lui. Et, dans le même temps, son cœur est lui aussi fortement secoué. Il tombe en effet sous le charme de Li Na, une chef de projet chinoise qui, pendant six mois, est amenée à travailler avec lui. Mais lorsqu’il l’invite à déjeuner le midi, à chaque fois elle refuse, prétextant un travail à finir. Que faire alors?
Quelqu’un à qui parler, comme les précédents ouvrages de Cyril Massarotto, sauf un (lire ci-contre), appartient à la catégorie des romans «feel good», qui font du bien.
Des histoires mêlant humour et émotion et qui, toujours, se referment sur un «happy end». La question n’est donc pas tant de savoir comment elles vont se terminer que de découvrir les chemins, semés d’embûches plus ou moins hautes, que vont devoir prendre les héros ou héroïnes pour connaître le bonheur, généralement amoureux mais parfois aussi professionnel et familial.

 

 

Van Cauwelaert et les chiens qui sauvent

Interview : Marie-Françoise GIHOUSSE - L'Avenir 

 


Un chien qui «sent» arriver les crises d’épilepsie? C’est à la fois un roman, «Le retour de Jules» et une réalité. À laquelle Didier van Cauwelaert donne vie.
Didier van Cauwelaert, «Le retour de Jules» c’est la réalité qui dépasse la fiction ?
Parfaitement. Dans le premier roman, Jules(NDLR: sorti en 2015) l’histoire se terminait lorsque le chien d’aveugles se transformait en chien avertisseur de crise auprès d’un jeune épileptique. Les lecteurs pensaient que j’inventais mais pas du tout. C’est lors d’une signature dans un salon à Nancy que le professeur Hervé Vespignani, chef du service de neurologie du CHU de la ville est venu me trouver. Il m’a appris qu’il travaillait avec des chiens détecteurs de crise dans le traitement de l’épilepsie. Il m’a aussi expliqué que des centres d’études et d’apprentissage existaient dans plusieurs pays mais rien en France. C’est de cette rencontre qu’est née l’idée de ce second roman, centré sur cet apprentissage mais aussi le lancement du projet Escape, un centre qui formera des chiens.
Et vous avez découvert qu’en Belgique, ces chiens existaient déjà ?
Oui, quand Le retour de Jules est sorti, j’ai été contacté par une association liégeoise, Os’mose qui dresse des chiens d’assistance et s’est lancée dans la formation de chiens d’intervention et d’alerte pour les personnes épileptiques. Il leur faut deux ans pour les dresser. Ils m’ont demandé de venir donner une conférence à Liège sur le sujet, pour présenter mon roman et sensibiliser les gens. J’y serai ce soir. J’ai appris aussi qu’en Flandre, un centre de même type existe.
On peut former tous les chiens à cette assistance aux épileptiques ?
On estime que 15% des chiens ont les qualités nécessaires pour devenir chiens d’assistance au sens large. Il faut un comportement spécifique comme, par exemple, savoir réagir sans recevoir d’ordre de son maître. C’est le cas des chiens d’aveugles par exemple mais aussi des chiens d’assistance pour les épileptiques. Parfois ils doivent même savoir «désobéir» quand ils se rendent compte qu’il y a un danger là où leur maître veut les amener…
Dans le centre que vous mettez actuellement sur pied et qui inspire votre roman vous accueillerez quels chiens ?
Nous comptons nous appuyer sur des jeunes chiens d’aveugles qui ont été «recalés». Par exemple parce qu’ils n’ont pas passé le cap de la «désobéissance nécessaire» ou ont montré un défaut dans l’une ou l’autre compétence. Ils n’ont pas leur diplôme mais nous allons nous greffer sur ce qu’ils ont déjà comme compétences et développer celles nécessaires à l’assistance des épileptiques. De cette manière, les chiens devraient être efficaces au bout d’un an.
Comment forme-t-on ces chiens ?
Principalement par mimétisme. Nous allons mettre les chiens en présence, chiots et chiens déjà formés. Nous verrons combien de temps il faudra pour que les gestes qui sauvent soient assimilés.
Comment les chiens sentent-ils la crise d’épilepsie arriver ?
Pour l’instant, on l’ignore. Les chercheurs essaient de déterminer, grâce à des capteurs légers placés sur la personne épileptique et sur le chien si ce dernier perçoit quelque chose avant même que ne se déclenchent les débuts de la crise ou s’il détecte les tout premiers signes. Mais pratiquement, ces chiens permettent d’éviter aux épileptiques d’être sous traitement médicamenteux, lourd et handicapant, en permanence. Lorsque le chien sent la crise, il prévient le maître et ce dernier ne prend d’antiépileptiques que ponctuellement, pour éviter cette crise.
Dans votre roman, on découvre aussi Victoire, une chienne formée à détecter les explosifs.
C’est un hommage en ces périodes d’attentats ?
Je ne comprends pas comment on n’exploite pas plus les qualités des chiens. Lors de la coupe d’Europe de foot, les gendarmes et leurs chiens ont permis d’éviter des drames. Merci de rappeler ça!

 

 

Barbara Abel, «Je sais pas»

L'Avenir

 

 

Parce qu’il y a des choses qui font mal, des événements dont on est victime, des émotions auxquelles on n’a pas envie d’être confronté… Donc, oui, le fait de savoir, à un moment, fait qu’on n’est plus innocent. Mais pour commettre un délit ou un crime, je pense qu’il faut une volonté délibérée alors qu’on peut aussi faire mal à quelqu’un sans le savoir; ou le vexer par ignorance ou par manque de tact. Il y a une différence.
À la dernière page du livre, le lecteur aussi peut se dire «Je sais pas», par rapport à certains personnages.
Dans un roman qui s’intitule “ Je sais pas ”, je me suis dit que j’avais le droit de dire “ Je sais pas ” ce qui leur est réellement arrivé. Mais j’en ai parlé avec mon éditrice parce que je n’aime pas ça, quand l’auteur ne donne pas certaines réponses. Parce que c’est un peu trop facile, je trouve. Du coup, je donne quand même une réponse importante sur Mylène à la fin.
Dans ce livre comme dans les autres, vous fouillez loin dans les relations de couple, parentenfant…
Mes histoires, c’est toujours des gens ordinaires que je mets dans des situations extraordinaires.
Mais qu’est-ce qui est important dans la vie des gens comme vous, comme moi? C’est le couple, c’est les gosses, c’est le boulot. Donc, si je veux créer de la tension chez le lecteur, pour qu’il soit complètement partie prenante, il faut qu’il puisse s’identifier. Donc je dois fouiller en profondeur.
Comment vous est venue l’idée de ce roman ?
D’habitude, ce sont les enfants qui sont en danger, pour qui on tremble. Ici, je me suis dit «Et si je faisais le contraire? Si je mettais la vie d’une adulte dans les mains d’une enfant?» Mais il fallait une enfant très jeune, pour ne pas qu’il y ait cette notion de responsabilité même si, à 5 ans, on a forcément des notions de bien et de mal. Je voulais aussi mettre en avant cette impuissance de l’adulte face à un enfant qui refuse de lui répondre. Quand Emma dit qu’elle ne sait pas, qu’est-ce que vous voulez y faire? Si elle ne veut pas parler, on ne peut rien faire…

 

En quelques années, la Belge Barbara Abel a su se faire une place de choix au rayon des thrillers. «Je sais pas», son dernier roman, n’y coupe pas.
En jeans, pull décontracté et grosse écharpe, Barbara Abel se promène incognito dans un press-shop de la Gare du Midi, à Bruxelles. Elle achète deux magazines mais ne peut s’empêcher de jeter un oeil furtif sur le rayon romans. Pour «vérifier» si son petit dernier, Je sais pas, y figure.
«C’est quelque chose que vous faites souvent, ça?»«Oui, juste pour voir…», répond, presque gênée, celle qui avoue rêver de croiser quelqu’un en train de lire un de ses bouquins. «Et vous l’accosteriez pour lui dire qui vous êtes?»«Oh non, je n’oserais pas!»
Elle est comme ça, Barbara Abel. Discrète, pas people pour un sou. Pourtant, pour les amateurs de suspense et de thrillers, elle est un nom devenu incontournable.
Son dernier roman, Je sais pas, n’y coupe pas. C’est l’histoire d’Emma, une petite fille de 5 ans, qui disparaît dans la forêt lors d’une sortie scolaire. Mylène, une des institutrices parties à sa recherche, est elle aussi introuvable… Sauf que quand on retrouve Emma, la seule chose qu’elle veut bien dire sur sa mésaventure, c’est «Je sais pas».
Mais Emma ne sait-elle vraiment pas ce qui s’est passé dans la forêt ou le cache-t-elle délibérément?

 

 

Jean Teulé, «Comme une respiration…»

L'Avenir

 

 

L’homme nous avait plutôt habitués au roman noir et drôle à la fois, revisitant souvent l’histoire d’une façon mi-égrillarde, mi-tragique. Mais cette fois, l’auteur du Magasin des suicides, de Héloïse ouille et de Fleur de tonnerre a retourné sa veste. C’est avec quarante histoires qui finissent bien que revient Jean Teulé dans Comme une respiration…
«J’ai été très marqué par les attentats en France en 2015, nous confie-t-il, Charlie, les dessinateurs je les connaissais tous, c’étaient des copains. Et là, je cherchais une idée pour un nouveau roman. Je me suis rendu compte que je n’avais pas du tout envie de raconter des horreurs. Je voulais au contraire de
la douceur. J’ai l’impression depuis quelque temps que tout se termine mal. Même récemment. Aux USA, l’élection, ça s’est mal terminé. En France, je crains que ça se termine mal… Alors j’ai décidé d’offrir une respiration aux lecteurs. Un livre où toutes les histoires finissent bien!»
Comme une respiration… propose donc quarante histoires. Mais attention, toutes sont vraies! Certaines sont autobiographiques. On découvre ainsi, dès le début, la maison bretonne où Jean Teulé aime se réfugier. «Je l’évoque à travers deux histoires. La première se déroule au printemps qui a suivi l’attaque
de Charlie. J’étais là dans ma grosse maison du XVIe siècle qui a vu plein de générations se succéder.
Au printemps, tous les oiseaux viennent nidifier. La maison fait cui-cui partout. Et chaque fois je me dis, tant de malheurs et de beauté en même temps, le monde est vraiment double.»
La seconde histoire se déroule à l’automne 2015, lorsqu’en allumant le feu dans la cheminée, le romancier voit les journaux évoquant les attentats de novembre disparaître en fumée. «Une fumée blanche sortait de la cheminée. Comme si la maison rejetait dans un souffle cette horrible année.»
Mais Jean Teulé raconte également la vie des autres. «J’ai lancé un appel à des amis, dans les salons du livre, lors des séances de dédicaces, je demandais à mes lecteurs s’ils ne connaissaient pas une histoire vraie, extraordinaire et qui finissait bien. Quelque chose qui ne démarre pas bien mais où, à la fin, on
respire!»
Le romancier va alors recevoir et entendre des tas d’histoires parfois complètement incroyables.
«Il y en a qui sont vraiment folles. Comme cette future mariée qui sur le chemin de la mairie se dispute, quitte la voiture et monte dans celle d’un
inconnu. Et cinquante ans plus tard, cet inconnu et elle sont toujours mariés et entourés d’une famille nombreuse. J’aime beaucoup aussi l’histoire de ce gamin placé dans une famille d’accueil et qui, à neuf ans, n’ayant jamais été appelé par son prénom l’ignore. Grâce à une animatrice, “lui” devient Arthur… Et celle des petits vieux qui s’offrent, pour Noël, une urne funéraire biodégradable dans l’eau!»
On le voit, douceur et respiration n’ont pas fait perdre à Jean Teulé son goût pour des histoires où le quotidien, le rire et l’émotion se mêlent.
D’ailleurs l’auteur lui-même dévoile un beau souvenir d’enfance, lorsqu’un professeur ayant cru en lui l’a poussé et aidé à passer le concours d’entrée dans une école d’art. Ouvrant un autre monde au jeune Jean Teulé destiné jusqu’alors à étudier la mécanique. Une histoire qui finit bien. Surtout pour nous, ses futurs lecteurs.

 


 

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